J’ai testé un voyage d’ « influenceurs » à l’Abbaye de Daoulas

Publié le par Sophie

Lorsque j’ai reçu l’invitation de Chemins du Patrimoine en Finistère pour un « voyage d’influenceurs » à l’Abbaye de Daoulas, j’étais super contente car 1) j’adore l’Abbaye de Daoulas, les jardins, les expos (j’ai déjà écrit des articles sur le blog, , , ou encore ) 2) j’avais hâte de suivre la visite commentée de l’exposition du moment « Afrique, les religions de l’extase » et surtout 3) j’étais curieuse de découvrir l’envers du décors des « influenceurs », pour la plupart en provenance de Paris.

Dimanche matin. 10h. Je suis pile à l’heure devant l’Abbaye de Daoulas. On m’invite à entrer et à attendre dans la cour intérieure. Frédéric, alias Souffleur de Breizh sur Instagram, Emy de Bows and Mustaches, et Nat Pennarbed, arrivent ensuite. Ce sont les « influenceurs » locaux de l’étape. J’étais contente de les rencontrer : « Vous êtes comme sur Instagram ! ». Etrange, cette impression de connaître des gens que l’on n’a jamais vus en vrai. « Toi aussi. » Me rassurent-ils. Hier, ils étaient au domaine de Trévarez pour découvrir l’exposition « Regard d’artiste, Raija Jokinen » dans les écuries du château et participer à un atelier d’impression végétale. Je ne pouvais pas en être car j’avais la Fête des voisins prévue de longue date. « Ils sont comment les Parigots ? » tentais-je, juste avant qu’ils n’arrivent… « Tu vas voir. » Me souffle, Emy.

Expo #afriqueextase

En fait, je suis un peu décontenancée. Je m’attendais à du selfie à tire-larigot, à des mises en scène et ego-trips sortis de nulle part, des coups de perche et de flash pour avoir les meilleurs clichés. Rien de tout cela. Les personnes avec qui je fais la visite guidée sont réellement intéressées par le contenu de l’exposition sur les cultures religieuses en Afrique. Elles sont curieuses, posent des questions, prennent des photos. Je réalise alors qu’il a différents types d’ « influence ». Un « influenceur » tourisme ou culture a beaucoup moins de codes promo à vendre à sa communauté qu’un « influenceur » beauté ou lifestyle. Je crois que parmi les participants, une seule gagne sa vie par le biais des réseaux sociaux. Par ailleurs, ils ne se revendiquent pas du tout « influenceurs », il s’agit juste d’un terme marketing.

Photo prise par Chemins du Patrimoine en Finistère

L’exposition « Afrique. Les religions de l’extase » est visible jusqu’au 4 décembre. L’Abbaye de Daoulas a invité le MEG – Musée d’Ethnographie de Genève à l’élaboration de cette exposition sur la pluralité des pratiques religieuses en Afrique : « La religion est ici définie comme un ensemble de rituels reliant les vivants entre eux face aux puissances de l’invisible : dieu unique, divinités multiples, esprits des ancêtres ou de la nature ». C’est passionnant !

Dans le cadre de cette expo, il y a plusieurs rendez-vous à ne pas manquer d’ici la fin de l’année : un café-philo « Qui se cache derrière le masque ? » le dimanche 30 octobre à 15h30, un philo-famille (à partir de 8 ans) « Qui sont les dieux ? Où vivent-ils ? Qui peut les voir ? » le mercredi 2 novembre à 15h30, des après-midi contes en novembre avec le Festival Grande Marée et de la musique du monde en décembre avec le Festival NoBorder. Inscrivez-vous à la newsletter de Chemins du Patrimoine en Finistère ou sur leur page Facebook pour vous tenir au courant.

Photo prise par Chemins du Patrimoine en Finistère

Après la visite guidée, nous sommes conviés à une exploration-cueillette dans les jardins de plantes et arbres médicinaux de l’abbaye. L’endroit est de toute beauté ! Avec la tourbière de Langazel, il s’agit de l’un de mes endroits-refuges préférés. Depuis 2012, le jardin des simples est labellisé « jardin remarquable ». Organisé sur deux terrasses, il rassemble les plantes des pharmacopées d’Europe occidentale et les espèces les plus rustiques des pharmacopées traditionnelles des autres continents. C’est le moment que j’ai le plus apprécié de la matinée. Après la visite étourdissante sur les religions de l’extase en Afrique, prendre l’air m’a aidé à me remettre les idées en place et les pieds sur terre.

Et j’ai eu l’occasion d’échanger un peu avec plusieurs de mes compagnons de fortune dont Valentin Sauerbrey et Antoine Never, Monsieur Jetlag (63k abonnés), et bien sûr Louise Ebel Pandora (78k abonnés). Candide que je suis, j’aurais aimé davantage discuter avec eux, tissés des liens, mais nous ne sommes pas sur LinkedIn (autre réseau social), mais sur Instagram, le réseau de l’instantanéité. Et puis le « y’a pas grand-chose à faire ici (comparé à Paris) » de la belle Louise m’a un peu coupé la chique. (Comment pourrait-elle savoir ?)

Photo prise par Chemins du Patrimoine en Finistère

Ce commentaire imparfait n’a pas entaché ma bonne humeur lorsqu’il s’est agit de surveiller que Emy de Bows and Mustaches n’ajoute pas trop de lavande à notre décoction. N’hésitez pas à suivre le compte d’Emy, elle est marrante et pleine d’assurance. Et elle n’a aucun code promo à vous partager. Et puis, renseignez-vous sur les balades botaniques que propose l'Abbaye. L'atelier tisane est super sympa à faire.

En fin de matinée, chacun a déambulé dans l’enceinte de l’Abbaye pour profiter des timides rayons du soleil et des « Balades photographiques de Daoulas » qui cette année donnent à voir les photos du Sénégalais Omar Victor Diop (série Allegoria) et de l’Américaine Ayana V. Jackson. Tous deux « explorent l’histoire, les représentations et les interrogations de la diaspora africaine. » A voir absolument !  A l’extérieur, dans la ville de Daoulas, ce sont les photos de l’Italo-sénégalaise Maïmouna Guerresi qui attirent les regards.

Autoportrait signé Omar Victor DIOP

 

Et vous, quels ont été vos coups de cœur culturels / touristiques de l’été ? Avez-vu vu les expositions proposées à l’Abbaye de Daoulas ?

 

Publié dans Culture & Sorties, Daoulas

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